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À Pointe-Noire, les dépanneurs de téléphones gagnent leur vie au bout des tournevis

Autour de la grande galerie du marché central de Pointe-Noire en république du Congo, les réparateurs de téléphones et d’appareils électroniques répondent à une demande croissante. Dans leurs petits ateliers, ils créent leurs propres emplois, génèrent des revenus et donnent une seconde vie aux appareils, au cœur d’une économie largement informelle. Notre équipe Asos est allée à la rencontre de ces Hommes qui nourrissent des familles grâce à leur tournevis.

Autour de la grande galerie du Marché central à PNR, les téléphones portables et autres appareils électroniques passent de main en main.

Ici, les dépanneurs travaillent dans de petits ateliers, avec un matériel parfois rudimentaire, mais suffisamment précis pour diagnostiquer une panne.

Tournevis, fer à souder, multimètre, pinces et pièces détachées.

Chaque appareil est d’abord examiné. « Ça fait à peine deux ans que je répare les téléphones, et je suis spécialisé dans le dépannage des iPhones, notamment les pannes des plaquettes. Mais comme nous sommes au marché central donc on est obligé de résoudre d’autres pannes comme les batteries, les écrans et bien d’autres » confie Christian.

« Grâce à ce métier, j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille. Ce n’est pas toujours facile, car les clients ne viennent pas tous les jours et les revenus varient. Mais avec le travail et la patience, je parviens à gagner de quoi nourrir mes enfants, payer leurs frais de scolarité et répondre aux dépenses de la maison. C’est une activité qui me permet de vivre dignement et de prendre soin des miens. » déclare Rolvy.

Il faut identifier la panne, trouver la pièce et surtout proposer une solution adaptée au budget du client.

Pour certains, réparer reste moins cher que racheter.
« Je suis satisfait du travail. Même si le prix peut parfois sembler élevé, le service est bon et mon téléphone fonctionne à nouveau. » affirme Zeta une commerçante.

Mais réparer n’est pas toujours la solution la plus économique. Pour Hugue, étudiant, le coût de la réparation était trop élevé. Il a donc préféré échanger son ancien téléphone contre un autre, présenté comme neuf.
« J’ai préféré échanger le téléphone. Le réparer allait me coûter trop cher. Avec la différence, j’ai pu prendre un autre appareil. » s’exclame-t-il.

Réparer, échanger ou remplacer. Autour du téléphone en panne, plusieurs petits marchés se développent. Et cette activité dépasse largement Pointe-Noire.

À l’échelle africaine, la réparation et le reconditionnement permettent à de nombreux consommateurs de prolonger la durée de vie de leurs appareils. Un enjeu économique, mais aussi environnemental.

En Afrique, plus de 85 % des emplois sont informels, selon l’Organisation internationale du Travail.

Au Congo, la Banque mondiale estime qu’environ 75 % des actifs travaillent dans l’économie informelle.

Des activités souvent précaires, mais qui créent des revenus et répondent à une demande réelle. Le secteur informel absorbe une grande partie de la main-d’œuvre.

À Pointe-Noire, ces dépanneurs en sont une illustration. Ils créent leur propre emploi.

Ils font travailler les vendeurs de pièces détachées. Et ils donnent parfois une seconde vie à des appareils que leurs propriétaires auraient simplement jetés.

Derrière un téléphone remis en état, c’est donc toute une économie qui se dessine. Une économie de proximité. Une économie informelle. Mais surtout, une économie qui crée de l’activité et des revenus.

 

Ame César SEHOSSOLO