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Entre actions sociales et entrepreneuriat, Joe Washington Ebina révèle les défis du secteur Hôtelier au Congo.

Plus connu pour ses actions sociales en faveur des personnes vulnérables, Joe Washington

Se livre pour la première fois sur sa vie entrepreneuriale. Patron de l’hôtel 4 étoiles le

Saphir, le représentant du groupe EBINA dévoile les challenges du secteur hôtelier en

République du Congo.

 

ASOS : Joe Washington Ebina vous êtes plus connu pour vos actions sociales en faveur des

Personnes vulnérables, pouvez-vous nous en dire plus sur votre casquette d’entrepreneur

?

JWE : Merci de me recevoir, je fais partie du groupe Ebina, c’est un groupe fondé par notre

Grand père Daniel Ebina, ensuite repris par Charles Ebina qui a construit ce lieu où nous

Sommes. Donc nous ne sommes que la continuité d’un travail qui a commencé depuis de

Très longues années. Ce travail est dans l’entrepreneuriat, dans la construction, l’élaboration

des édifices qui permet aujourd’hui à ce groupe de mener aussi des actions sociales que

Vous connaissez. Ces actions sociales sont le fruit du travail accompli dans l’entrepreneuriat.

ASOS : De quoi dépend la bonne gestion d’un héritage entrepreneurial selon vous ?

JWE : Ça dépend de l’environnement, de la rigueur qu’on a en soi. Mais surtout de

L’environnement qui permet aussi une bonne évolution. Le Congo est un pays où

malheureusement l’environnement des affaires est très difficile. Dans un cadre où

l’électricité n’est pas stable, c’est difficile d’émerger. Mais ça demande beaucoup de rigueur,

de pragmatisme pour être à mesure de perpétrer, de générer des entreprises pérenne.

ASOS : Comment parvenez-vous justement à surmonter ces difficultés liées au climat des

affaires ?

JWE : Il faut persévérer quel que soit la difficulté. Nous sommes sur une logique qui est très

simple. La république est un bien commun. Il faut créer de l’espace pour tout le monde et

nous considérons que dans notre action, nous créons de l’espace pour d’autres acteurs

également. Une entreprise a beaucoup de travailleur, et ces travailleurs ont des familles.

Donc il est important d’exister pour perpétrer la richesse mais aussi pour faire bénéficier à

d’autres individus, d’autres citoyens.

ASOS : Plusieurs entreprises et initiatives entrepreneuriales peinent à se pérenniser en

raison, notamment, d’une fiscalité jugée trop lourde. Êtes-vous également confronté à

cette difficulté dans le développement de vos activités ?

JWE : Toutes les dénonciations aujourd’hui au Congo sont bien connus vous savez lorsque

doing Business qui est une organisation internationale qui fait des rapports et classe les

économies de différentes nations selon leur capacité à faciliter le climat des affaires, indique

que le Congo, est parmi les derniers du classement, par ce qu’il y a trop d’influences

politiques, trop de personnalités qui influencent les décisions et créées un environnement

Gangréné par la corruption. Ce qui empêche l’économie de fonctionner en toute

transparence. Vous remarquerez que dans notre pays il y a très peu d’Américains, très peu

d’entreprises qui viennent s’installer par ce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas concevoir

l’idée de corrompre, l’idée de négocier les taxes. Mais malgré ces difficultés nous

continuons à nous battre pour que nos entreprises espèrent un jour prospérer.

ASOS : De nombreux entrepreneurs dénoncent les difficultés d’accès au financement ainsi

que l’absence de véritables banques d’investissement adaptées à leurs besoins. Dans ce

contexte, comment parvenez-vous à financer et développer vos projets ?

JWE : Les banques qui soutiennent c’est d’abord une volonté politique. C’est aux décideurs

politiques de créer la possibilité de faire travailler ses banques en allégeant leurs fiscalités

par exemple pour aider les jeunes entrepreneurs. Il faut une prise de conscience de la part

de l’Etat .Vous voyez quand le Président de la République déclare qu’il n’y a plus là

possibilité d’employer les jeunes dans la fonction publique cela veut dire que les entreprises

doivent prendre le relais d’un travail assidu. Quand l’Etat montre ses limites donc les

entreprises doivent comprendre que la seule sortie pour régler le problème lié au chômage

c’est l’entrepreneuriat, mais aussi les entreprises qui doivent être accompagné en réduisant

leur fiscalité.

ASOS : Face au chômage, de nombreux jeunes tombent dans le pessimisme, le défaitisme

que leur diriez-vous aujourd’hui ?

JWE : Nous ne cessons de dire que l’eldorado ce n’est pas aux Etats Unis, ni en France. Il y a

beaucoup de jeunes aujourd’hui qui sont prêts à risquer leur vie en prenant des bateaux de

fortunes et traverser la méditerranée. Nous considérons que il faut se battre. Seul la lutte

libère et la lutte se fera au Congo. Quel que soit les circonstances, quel que soit ce que nous

rencontrons en face de nous, nous devons persévérer et donc moi j’invite simplement les

jeunes à comprendre qu’ils ont leur place. Il faut arrêter de considérer que le Congo

appartient à certains. Voilà pourquoi certains vont fuir, non. Le Congo nous appartient tous

et vous avez l’obligation de persévérer et de vous battre donc j’invite tous les jeunes à ne

pas lâcher.

ASOS : Patron du Saphir Hôtel, un hôtel de plus de vingt ans aujourd’hui, quel est le secret

de votre longévité ?

JWE : C’était une idée de génie de notre père, qui après la guerre civile de 97, 98 a pensé

que la demande hotellière sera importante. Voilà pourquoi il a transformé progressivement

L’hôtel le Saphir en un grand Hôtel et nous également nous avons rajouté des bâtiments

pour que l’hôtel ai un standing important. La difficulté au niveau de l’hôtellerie au Congo

réside dans le fait que les services publics n’arrivent pas à nous accompagner en ce qui

concerne l’électricité. Les problèmes d’électricité sont un frein important dans l’évolution

d’un hôtel.

Et donc étant un hôtel relativement 3, 4 étoiles nous essayons de résister ce qui

n’est pas facile lorsqu’on pense qu’à cela s’ajoute les impôts qu’il faut payer et bien d’autres

charges. Nous constatons l’ouverture de beaucoup d’hôtels certains sont tenus par nos

frères étranger, ce qui n’est pas mauvais, je salue leurs initiatives mais je voudrais qu’on

regarde aussi le savoir faire Congolais. Quand vous regardez, nous sommes là depuis une

vingtaine d’année donc il y a un savoir faire ici.

Merci

Propos recueillis par Ame césar SEHOSSOLO.