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Shekinah Nanour Tchilendo : « Le jour où j’ai choisi d’être moi », a marqué le début de ma nouvelle vie

Shekinah Nanour Tchilendo

 

Cadre d’entreprise, entrepreneure, présidente de la Fondation Cœur de Shek et désormais auteure, Shekinah Nanour Tchilendo signe son premier ouvrage, Le jour où j’ai choisi d’être moi. Dans ce livre autobiographique, elle revient sur les épreuves qui ont façonné son parcours et partage un message d’espoir destiné à toutes celles et ceux qui peinent à s’affirmer. Pour ASOS, elle évoque les motivations derrière cet ouvrage, son engagement social et les projets qu’elle nourrit pour accompagner les personnes en situation de vulnérabilité.

ASOS : Le jour où j’ai choisi d’être moi est un titre à la fois fort et intrigant. Que représente ce « jour » dans votre parcours personnel et pourquoi avoir choisi ce titre ?

Sh : C’est le jour où j’ai décidé de reprendre le contrôle de ma vie. J’ai compris que je ne pouvais plus continuer à vivre selon le regard ou les attentes des autres. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à faire des choix en accord avec mes propres valeurs et mes priorités. Ce jour-là a véritablement marqué le début d’une nouvelle vie.

ASOS : Vous êtes à la fois cadre d’entreprise, entrepreneure, présidente d’une fondation et mère de famille. Dans quelle mesure votre propre parcours a-t-il nourri l’écriture de cet ouvrage ?

SH : Ce livre est profondément inspiré de mon vécu. J’ai voulu montrer qu’il est toujours possible de se relever, de croire à nouveau en ses rêves et de reprendre confiance en soi. Pendant longtemps, je me suis enfermée dans le regard des autres. Le jour où j’ai osé sortir de cette prison mentale et de ma zone de confort, j’ai commencé à avancer et à accomplir des choses que je pensais impossibles.

ASOS : Sans dévoiler tout le contenu du livre, quel est le principal message que vous souhaitez transmettre à vos lecteurs, en particulier aux femmes et aux jeunes ?

SH : aux femmes et aux jeunes je souhaite qu’elles comprennent qu’il ne faut pas rester dans les cases qu’on essaie d’ériger autour de nous, qu’il faut oser aller vers ses rêves. Dans mon cas j’avais l’habitude de m’en tenir à ce que les gens pensaient de moi. Quand on me disait que je n’étais pas belle, tout de suite je me disais alors pourquoi se faire belle alors que je ne suis pas belle ? et je m’enfonçais dans la négativité. Alors qu’il faut bâtir sa propre estime avant de gagner l’estime des autres.  Je l’ai appris à mes dépends quand pour combler un vide affectif je me suis mis en couple avec quelqu’un. Au début tout allait bien mais au bout d’un moment, j’ai dû forcer pour que la relation perdure juste pour ne pas me retrouver seul alors que cette personne ne me jugeait pas à ma juste valeur mais m’empêchait de m’épanouir. Alors quand j’ai pris conscience qu’il me fallait se libérer de cette emprise j’ai commencé à voir plus clair dans ma vie J’ai donc décidé de raconter mon histoire pour aider un plus grand nombre de personne qui vivent la même chose à s’en sortir.

ASOS : Au fil des pages, certains passages sont présentés comme des citations. Pourquoi ce choix éditorial ?

SH : Je suis Congolaise et j’ai conscience que de nombreux Congolais n’ont pas encore la culture de la lecture et un texte trop compact ou saturé pourrait refroidir les lecteurs. Par exemple dans ce paragraphe à la page 11 de mon ouvrage où il est écrit oser vous former, travailler et entreprendre. Une telle pensée reste plus longtemps dans la mémoire du lecteur que de milliers de mots écrit juste pour exprimer une pensée aussi simple. Mon but ce n’est pas d’impressionner par un style littéraire particulier mais aider le lecteur à comprendre et à faire des choix utiles dans sa vie.

ASOS : Cet ouvrage était une auto-édition, Où trouver le livre ?

SH : Actuellement nous sommes en pourparlers avec beaucoup de point de vente à Pointe Noire comme à Brazzaville je pense qu’en juillet nous aurons plusieurs points de vente. Pour l’instant il est disponible chez Lude Madi, une librairie au Centre-ville vers Charlemagne primaire. D’autres peuvent me contacter directement sur mes réseaux sociaux et obtenir le livre.

ASOS : Votre Fondation Cœur de Shek accompagne les femmes et les enfants vulnérables. Ce livre prolonge-t-il cet engagement ?

SH : Absolument. Le livre et la fondation racontent finalement la même histoire. Après les épreuves que j’ai traversées, j’ai voulu transformer mes blessures en actions concrètes. Avec la Fondation Cœur de Shek, créée en 2022, nous accompagnons des femmes vulnérables, des enfants en difficulté et des couples en crise. Notre objectif est de prévenir les conséquences psychologiques que peuvent subir les enfants lorsque les familles se brisent, car je sais combien ces blessures peuvent marquer une vie.

ASOS : Enfin, après cette première publication, quels sont vos projets ?

SH : Je souhaite organiser des conférences et des espaces d’échange où les personnes en souffrance pourront s’exprimer librement. Beaucoup traversent des épreuves dans le silence, faute d’avoir quelqu’un à qui parler. Je suis convaincue que partager son histoire est souvent la première étape vers la reconstruction. Si mon parcours peut encourager ne serait-ce qu’une seule personne à croire de nouveau en elle-même, alors ce livre aura pleinement atteint son objectif.

Propos recueillis par Ame cesar SEHOSSOLO