Youssoupha : Amour Suprême, un Album de Réflexion, d’Engagement et de Renaissance Spirituelle. 

Quatre ans après Neptune Terminus, Youssoupha marque son retour avec Amour Suprême. Sorti le 24 janvier 2025, cet album de 13 titres aborde des thèmes puissants tels que l’héritage, la quête de paix intérieure, l’élévation spirituelle, et son engagement envers des causes sociales et politiques. Un retour aux racines où l’âme de l’artiste s’exprime avec une maturité et un souffle créatif renouvelés.
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« Amour suprême » se présente comme un véritable « album de grande musique », a affirmé Céline Bakond, directrice du label 99 Industrie.
Ce projet est le fruit d’une alchimie créative entre Youssoupha et l’artiste-compositeur Heaven Sam. Ensemble, ils ont entrepris de concevoir une œuvre capable de fusionner spiritualité, afrofuturisme et musicalité.
Magneto, play… Suprême.
 
Un violon, des voix polyphoniques… Une dimension théâtrale et majestueuse dès les premières secondes. L’album s’ouvre avec « Suprême », un titre de 2 minutes 21 secondes, où Youssoupha s’élance en freestyle.
« Le négro est ambitieux et magni mal les mots », lâche-t-il d’entrée, enchaînant les punchlines incisives. « Il y a ceux qui donnent des explications, et il y a ceux qui montrent l’exemple. »
Ce morceau incarne la philosophie de l’album : la foi ne rend pas les choses faciles, elle rend les choses possibles. Dans une introspection profonde, l’artiste exprime ses dilemmes et luttes intérieures, tout en cherchant à concilier son amour pour le rap français et son besoin de prendre du recul. « Mal aimé, j’ai passé ma vie dans ce pays, on me l’a reproché, et puis j’ai quitté ce pays, on me l’a reproché. Dites à ce pays que je l’ai quitté pour mieux me rapprocher. Le rap français, je l’aime trop, je ne peux pas raccrocher. » Ces mots traduisent sa quête de réconciliation avec lui-même, où chaque contradiction nourrit une volonté de se réinventer.
Dieu est grande.
Youssoupha
Dans Neptune Terminus, le morceau
« Mon Roi » raisonne comme une déclaration d’amour et de sagesse adressée à son fils, un message puissant où Youssoupha cherche à transmettre ses valeurs et ses espoirs pour l’avenir de Malick.
Ce lien père-fils devient une sorte d’héritage émotionnel, chargé d’affection et d’encouragement.
Dans « Amour Suprême », Youssoupha réitère cette démarche, mais cette fois pour sa fille Imany dans le titre « Dieu est grande ». Cela montre non seulement une continuité dans sa volonté de transmettre, mais aussi une évolution dans la manière dont il s’adresse à ses enfants. Si dans « Mon Roi » il cherchait à insuffler une force, une résilience face à la vie, dans « Dieu est grande », il semble y avoir une dimension plus spirituelle, plus intime, une quête de sens et de guidance divine, tout en exprimant un amour incommensurable.
La polémique juste après.
Dans un contexte actuel, où les débats autour de la liberté d’expression, de l’islam, et des rapports entre spiritualité et culture populaire sont vifs, ce titre a choqué ceux qui s’attendent à une forme de respect plus formel ou traditionnaliste de la religion.
En revanche, pour d’autres, il a été interprété comme une affirmation de foi personnelle et profonde, un acte de résistance créative dans un monde où l’artiste cherche à transcender les conventions et à toucher des dimensions plus universelles.
Grands boubous des ancêtres.
C’est sur un instrumental old school que Youssoupha a su allier culture, gratitude et grandeur, en rendant hommage à ses racines tout en célébrant son évolution artistique. Pour sublimer l’ensemble, il a « ressorti les grands boubous des ancêtres » : une pièce rouge longue effleurant le sol, des perles ornant le cou, symbole d’un pont entre tradition et modernité. Ce tableau, où la royauté rencontre l’attitude gangsta, illustre à la fois sa quête identitaire et son ambition musicale.
Taureau dans l’arène, prêt à dominer. Quant à la concurrence ? « J’ai mal pour eux, » conclut-il avec mordant.
Ce chef-d’œuvre, chargé de symbolisme, est parti de l’imagination de Malou Okumu, directrice artistique image de Youssoupha, et s’est concrétisé grâce à une équipe passionnée : « Quand j’écoute, des couleurs se dessinent dans ma tête. À ce moment-là, je dis à Youss : il faut que je trouve un boubou que personne n’a encore vu. Lorsqu’on m’a présenté Donatela Création, j’ai dit : c’est celui-là. »
Bienvenue dans l’esprit de 99 révolution.
De Nouveau karaté à Gigi, en passant par Prise combat jusqu’à Prier sans crainte, Youssoupha a mis tout son cœur à « faire mieux » dans ce septième album réalisé entre Dakar, Bruxelles, Abidjan et Montréal. L’album est désormais disponible en streaming digital sur les plateformes populaires, en téléchargement numérique, ainsi qu’en CD physique pour les amateurs de supports tangibles.
L’Olympia de Paris le 12 juin
En parallèle de la sortie de l’album, Youssoupha annoncé le 20 janvier 2025, la sortie du film » Amour Extrême » qui revient en détail sur la préparation de l’album et les coulisses de ce projet exceptionnel. L’artiste se prépare également à une tournée française, dont le point culminant sera son concert à l’Olympia de Paris le 12 juin 2025, promettant un moment intense et spectaculaire, tant sur le plan musical que visuel. Cette tournée sera une occasion unique de découvrir « Amour Suprême sous un nouveau jour, dans un cadre aussi prestigieux que l’Olympia.
Amour Extrême est le 7 ème album de Youssoupha réalisé entre Dakar, Bruxelles, Abidjan et Montréal. Il est disponible en streaming digital sur les plateformes populaires, en téléchargement numérique, en support CD physique.
Par Yann Orion.
Pour le Mag de l’Asos.