SAFARAY : Comment le Rappeur Sénégalais, natif de Pointe Noire est parti de 0 à Héro 

SAFARAY : Comment le Rappeur Sénégalais, natif de Pointe Noire est parti de 0 à Héro 

Né à Pointe-Noire, forgé par le Fouta, et porté par une détermination à toute épreuve, Safaray incarne l’alliance parfaite entre engagement social, identité culturelle et ambition musicale. À travers son rap en Puular, il fait entendre la voix des oubliés et redonne espoir à une jeunesse en quête de repères. De ses débuts dans les rues sénégalaises à la reconnaissance sur les scènes internationales, retour sur le parcours inspirant d’un artiste qui, parti de rien, est devenu un véritable héros.

1/Tu as commencé à t’intéresser au Hip Hop dès 2004, mais c’est en 2016 que tu t’y es pleinement investi. Qu’est-ce qui t’a poussé à franchir ce cap à ce moment précis 

SAFARAY : Effectivement j’ai commencé à m’intéresser au Hip Hop et c’est à partir de 2006 que je me suis pleinement investi .Ce qui m’a poussé à me lancer c’est qu’à partir de 2010, j’ai obtenu mon BAC et je venais fréquenter l’université au niveau de la capitale et pendant les grandes vacances je rentrais au village .A l’époque j’avais remarqué qu’on était victime de beaucoup d’inégalités on avait pas d’infrastructures , nous n’avions pas d’hôpitaux, de sapeurs-pompiers on voyait nos mères décédé faute de césarienne par ce qu’il n’y avait pas d’hôpitaux qualifiés sachant que dans la capitale ils avaient toutes les infrastructures de base. C’est ce qui m’a donc révolté et m’a poussé à se lancer officiellement à partir de 2015, 2016 dans le Hip Hop pour être la voix des sans voix . 

2/ Comment ta famille a-t-elle réagi à ton choix de te consacrer au rap, notamment compte tenu de tes origines nobles ?

Au début ma famille n’était pas d’accord que je me lance dans le rap par ce qu’il y avait des stéréotypes, il y avait une certaine vision négative du Rap qui laissait entendre qu’un rappeur c’est avant tout un drogué, qui manquait de respect etc …Et ce n’est que par la suite qu’ils ont compris que ce n’était pas toujours le cas par ce que moi plus je m’intégrais dans le rap plus je devenais un citoyen model, je portais des messages très intéressant et au niveau des études je devenais plus performant .Donc j’étais très inspiré en ce qui concerne les dissertations les matières littéraires .

3/ Que retiens-tu de ta première expérience avec les Messagers, ton groupe de départ avec Ngagne J Lyric ?

C’était des moments de folie, très excitant je ne retiens que de très bon moment.

4/ Pourquoi le surnom « Vampire Mic » ? Quelle histoire se cache derrière ce blaze ?

A l’époque le numérique n’étant pas très développé, c’était encore avec les K7 face A, face B et même les CD , alors on rappait plus sur des sons américains (wu tang clan, Eminem , etc..) mais à la surprise de tous , à chaque fois qu’on mettait un instrumental j’arrivais à adapter mon flow par rapport aux sons. Et c’est comme ça que j’arrivais à crée une alchimie entre moi et le public .

II. STYLE & IDENTITÉ ARTISTIQUE

5/Tu es l’un des pionniers du rap en Puular. Qu’est-ce que ça représente pour toi de défendre cette langue à travers le Hip Hop ?

Là nous parlons de style et d’identités artistique donc c’est vraiment représenter ton secteur, moi je suis issu du Fouta ça veut dire une localité où c’est le peul qui est majoritairement parlé. Et comme ce sont les injustices à dénoncer qui m’ont motivé dans le Hip Hop, et je devrais m’adresser à la masse donc il me fallait utiliser la langue du cœur de ce public pour mieux les toucher. C’était difficile au début ici à Dakar par ce qu’il y avait cette barrière linguistique à cause du wolof qui est beaucoup plus utilisé, mais petit à petit on a su s’imposer car en plus, la langue Peul est parlée dans plus de 16 pays Africain.

6/ Tu maîtrises aussi le français, l’anglais et le portugais. T’arrive-t-il de rapper dans d’autres langues que le Puular ?

Bien sûr j’ai un cursus scolaire plutôt littéraire. Et donc je diversifie vous retrouverez de l’anglais, un peu de portugais aussi dans mes textes, je diversifie.

IV. PROJETS & COLLABORATIONS

9/Tu as lancé plusieurs projets originaux, comme le Journal Rapper en Puular. Comment est né ce concept et quel impact a-t-il eu ?

Oui le journal râpé a été crée par nos pionniers mon directeur artistique et mentor Godman Kruman, et Keytti nous nous sommes tous inspiré de ses géants donc ils le faisaient en Français et en Wollof .Alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer un peu ! J’ai été filmé une à deux fois par mon manager à qui je fais un Big Up Pharma, et le public a bien apprécié et depuis le concept fait son bonhomme de chemin. 

V. ALBUM “Fonngo e Fonngo : De 0 à Héro”

10/Que signifie le titre de ton album et pourquoi avoir choisi cette thématique ?

L’album Fonngo e Fonngo comme vous avez su bien le dire c’est de 0 à Héro donc toute personne qui forge sa personnalité commence de zéro jusqu’à arriver quelque part .Tout président, tout ministre,tout DG , tout grand commerçant est parti de rien mais il a su tenir jusqu’à arriver à bord .C’est comme Safaray, il a quitté du fin fond de Fouta et aujourd’hui malgré tous les obstacle il commence à rayonner et à briller à l’international aussi bien au niveau de la sous-région que ce soit en Afrique centrale, en Afrique de l’ouest ou australe .

Mais l’objectif également du son c’est vraiment passer le message, dire aux gens croyez en vous-même parti de rien, malgré les difficultés vous y arriverez. 

11/Tu parles d’un “carnet de voyage musical”. Quelles sont les influences internationales que tu as intégrées dans cet album ?

Oui, la particularité de ce projet c’est qu’il a été travaillé dans plusieurs pays dont le Congo à Pointe Noire ! D’ailleurs je profite de faire un Big Up à Eric à Osé Christ qui a composé l’instrumental du 12èm titre de l’album.

VI. RECONNAISSANCE & SCÈNE INTERNATIONALE

13/ En 2023, tu as représenté le Sénégal au festival “Pointe-Noire en Scène” au Congo. Que retiens-tu de cette expérience ?

Une expérience très enrichissante, j’ai découvert beaucoup d’artistes talentueux, je fais un Big Up à Lionel Kombo de Bayonne promoteur du Festival, à Mr Cédric Ame César l’international, le top tu vois, un journaliste et grand artiste Rappeur également. Et à toute la population Congolaise .C’est chez moi, principalement à Pointe Noire , je suis né là-bas .

C’est donc un album qui nous a ouvert des portes et même valu un trophée à l’international au CICA au Cameroun. Et je suis revenu avec le titre de meilleur artiste moderne d’inspiration traditionnelle. 

15/Que peut-on attendre de Safaray en 2025 ? 

SAFARAY en 2025 c’est beaucoup de clips au programme, sur l’album on a 3 clips déjà et beaucoup de collaboration au niveau international pour pouvoir vendre la culture Africaine.

16/Si tu pouvais adresser un message à la jeunesse du Fouta et d’ailleurs, quel serait-il ?

Un message à la jeunesse de Fouta et en général je dirai croyons en nous, ne nous empressons pas, armons-nous de savoir jusqu’au dents comme le disait Shek Anta Diop du Sénégal. Soyons fière de ce que nous sommes sans être complexé, redressons-nous et travaillons surtout pour contribuer au rayonnement de l’Afrique.

Propos recueilli par Ame César SEHOSSOLO