Ya Ngo : une quête d’amour et d’existence portée par Mwassi Moyindo.
Dans un monde où la beauté est souvent enfermée dans des standards et où l’amour semble une évidence réservée à quelques-uns, certaines âmes se battent pour être vues, entendues, et surtout aimées. Avec Ya Ngo, Mwassi Moyindo dépasse ses limites pour livrer un cri du cœur : un hymne poignant à la quête d’amour et d’acceptation. Portée par une poésie slam brute et sincère, cette œuvre se dresse à la fois comme une rébellion contre l’indifférence et une révélation de la force et de la vulnérabilité d’une âme en quête de lumière.
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Posée sur un galet, les doigts effleurant la douceur des eaux froides, dans un petit coin de paradis où règne un charme presque irréel, Mwassi Moyindo apparaît telle une sirène en détresse. Drapée dans une élégante robe noire, elle dialogue d’abord avec son reflet, avant de s’adresser à Ya Ngo, la lune, puis à ya nzari (le dieu fleuve en dialecte Kongo), au crépuscule, dans l’espoir de réponses. Celle, qui refuse de porter le poids du monde sur ses épaules, entame alors un échange bouleversant où les mots dansent entre colère et désespoir, entre l’espoir d’une réponse divine et l’amère constatation d’un silence accablant.
-Ya Ngo, m’as-tu répondu ?
-Ya Ngo, Nlemvo ! Cette supplique, répétée tel un mantra, devient le refrain d’une âme brisée mais résiliente qui par défaut incarne la voix de celles que la société ignore ou rejette sans explication. Une force poétique qui éclaire leur quête d’amour et de reconnaissance.
La magie du non-dit.
Loin d’être un simple poème sombre, Ya Ngo est aussi une œuvre profondément romantique. Elle explore la beauté de l’âme humaine dans sa vulnérabilité, dans sa capacité à aimer et à espérer même lorsqu’elle est brisée. Le refrain final, « Wa yo, ya ngo, il suffisait de m’aimer », est à la fois un appel et une déclaration. Il rappelle que l’amour, bien qu’imparfait, est la force qui unit les cœurs et redonne sens à la vie.
À travers ce single, Mwassi Moyindo prouve que l’art peut transformer la douleur en puissance, le rejet en réflexion et le silence en cri. Ce texte résonne comme un rappel poignant : il suffit parfois d’aimer, ne serait-ce qu’un instant, pour sauver une vie.
Premier clip d’un EP de huit titres.
Mis en ligne le dimanche 22 novembre, le single « Ya Ngo » vient illuminer le premier album de Mwassi Moyindo, intitulé N’laku (Flamme), paru en août dernier. Écrit par l’artiste elle-même et mis en musique par Titi Solo, Aude Synthé, Rové Bass, Ruche Ngoma et Aude Percu, ce titre mais seulement, incarne une richesse collaborative mûrie au fil des années.
Sous la direction artistique de Mr Flex et capturé par l’objectif de Guelord Mav, le projet bénéficie d’une esthétique visuelle soignée, teintée de nuances qui amplifient la profondeur de cette œuvre musicale.
Mwassi Moyindo : une voix poétique et engagée.
De son nom complet Thérèsa Honoré Diakanua est née le 3 août 1997 à Béla, au Congo-Brazzaville. Slameuse, poétesse, actrice, modèle photo et comédienne, elle incarne une polyvalence nourrie par une passion vibrante pour les arts de la scène et de la parole.
En 2011, alors adolescente, elle assiste à une compétition de slam interscolaire, une expérience marquante qui éveille en elle une passion profonde. Portée par cet élan, elle intègre le collectif Style Oblique dès 2012, trouvant dans ce groupe une famille artistique pour cultiver le talent qui sommeil en elle.
Sa plume s’affirme rapidement. Ses premiers textes, empreints de sensibilité et de puissance, prennent vie sur scène lors d’un spectacle à Brazzaville, organisé en hommage aux victimes du drame du 4 mars 2012. Cette prestation marquante la propulse au cœur du mouvement slam congolais, où elle s’impose comme une figure incontournable.
Depuis, Thérèsa Honoré Diakanua alias Mwassi Moyindo ne cesse de partager son savoir et son amour du slam. À travers de nombreux ateliers, elle forme une nouvelle génération de slameurs.
Son parcours témoigne d’une profonde détermination à utiliser les mots comme outils de résilience et de transformation sociale.
Par Yann pour
Le Mag de l’Asos.


