En cinq mois seulement, “Moon Fraîcheur Fruité” s’est imposé comme la nouvelle sensation rafraîchissante à Pointe Noire. Derrière ce succès, un jeune entrepreneur ingénieux, Génial Mountou Bouassé, qui a fabriqué lui-même ses machines d’extraction de jus de canne. Une innovation 100 % congolaise, freinée cependant par des obstacles administratifs. Rencontre.
ASOS : Génial, comment est née l’idée de fabriquer votre propre machine à jus de canne ?
G.M.B. : Je suis un grand amateur de jus de canne. Mais au Congo, consommer la canne brute est difficile : il faut la peler, la mâcher, ce n’est pas pratique… J’ai voulu faciliter la vie aux consommateurs. J’ai commandé un moteur en Thaïlande et j’ai fabriqué tout le reste moi-même. Aujourd’hui, mes machines tournent tous les jours.
ASOS : Comment fonctionne Moon Fraîcheur Fruité ?
G.M.B. : Nous proposons principalement une recette dont les clients raffolent : canne à sucre + citron + menthe. Un cocktail naturel, très rafraîchissant sous la chaleur tropicale.
Parfois, j’ajoute de la papaye ou de la pastèque pour varier les saveurs. Les gens adorent, c’est du vrai “Made in Congo”.
ASOS : Où trouvez-vous vos matières premières ?
G.M.B. : La canne à sucre vient de Bas-Kouilou et d’autres localités du pays. Tout est local. Aujourd’hui, j’ai fabriqué 10 machines, mais je n’en utilise que trois…
ASOS : Pourquoi seulement trois machines sur dix ?
G.M.B. : Les autorités ne m’ont accordé que trois points de vente. Sans espace fixe, je ne peux pas installer mes équipements. Pourtant, les consommateurs veulent du jus frais, préparé devant eux.
La fiscalité est aussi un frein : trop de charges pour un jeune entrepreneur qui démarre.
ASOS : Que demandez-vous exactement aux autorités ?
G.M.B. : Juste du soutien. J’aimerais obtenir des autorisations pour vendre devant certains lieux publics : hôpitaux, écoles, marchés… Cela me permettrait d’utiliser toutes mes machines, d’augmenter ma production et de payer mes impôts plus facilement.
ASOS : Quel message souhaitez-vous transmettre à ceux qui vous lisent ?
G.M.B. : Encourageons-le Made in Congo. Consommons local. Aujourd’hui, mes jus naturels se vendent à 500 et 1 000 FCFA… mais leur vraie valeur, c’est de montrer que nous, les jeunes, pouvons créer, innover et fabriquer ici, chez nous.
Propos recueillis par Ame César SEHOSSOLO




