Maurice PELLOSH

Des milliers de négatifs sauvés de l’oubli : l’héritage de Maurice Pellosh.

Dans une salle comble, l’émotion affleure dès les premières images du documentaire Maurice Pellosh : la mémoire en image, co-réalisé par Eddy Mikolo et Emmanuèle Béthery. À l’écran, des visages d’enfants photographiés dans les années 70. Dans la salle, ces mêmes visages, quarante ans plus tard. Bernard et Romuald se redécouvrent. Leurs traits juvéniles figés sur papier glacé ressurgissent d’un autre temps. Un instant suspendu, entre rires et larmes.

Un documentaire ranime les archives d’un photographe portraitiste des années 70 et réveille la mémoire d’une génération

« Aujourd’hui quand je revois ça, je veux d’abord féliciter Emmanuèle, qui sort de l’oubli, retire de l’oubli, Maurice Pellosh et nous replonge dans notre enfance. Donc il y a double effet et je suis très sensible » confie Bernard.

 

 

Au cœur du film, un homme : Maurice Pellosh, photographe portraitiste devenu, au fil des décennies, un véritable gardien de mémoire.
Dans les années 70, il sillonne quartiers et familles, appareil à la main. Mariages, portraits d’enfants, photos d’identité : il capture une génération entière.

Fait rare : il conserve ses archives. Jusqu’en 2023, des milliers de négatifs dorment dans de simples boîtes en carton, préservés pendant plus de quarante ans. Un trésor fragile, longtemps invisible.

 

 

Retrouver les visages, maison après maison

Le documentaire suit le photographe et la réalisatrice dans une quête patiente : retrouver les anciens clients, frapper aux portes, montrer les clichés retrouvés.

Chaque rencontre devient une scène de retrouvailles.
Un enfant devenu grand-père.
Une mère qui se revoit jeune.
Une famille qui redécouvre un parent disparu.

« Dans la recherche des personnages filmés par Pellosh, il était question qu’on regarde les négatifs et chercher des points de contact et rapprocher ces personnes-là. Et le point de contact c’était donc FOFO où tout était centré. » explique Eddy Mikolo.

À travers ces photographies, c’est toute une mémoire intime qui refait surface. Une mémoire personnelle, mais aussi collective.

 

« Dans le temps un photographe ne pouvait pas attendre seulement l’argent au studio. Il y a un temps la journée on fait les photos dans les studios et quand tu fermes le studio, tu sais que l’animation dans les bars c’est vers 22heures, tu vas dans les bars » avait déclaré Pellosh de son vivant.

De l’album familial au patrimoine diasporique

Aujourd’hui, plus de 500 photographies issues des archives Pellosh sont exposées à Paris et aux États-Unis. Dans les salles d’exposition, la diaspora redécouvre des proches, des voisins, des fragments d’enfance.

« Ce n’est pas moi qui ai choisi Pellosh, c’est Pellosh qui m’a choisi. Donc on nous a mis en contact et c’est lui qui a eu envie de me partager son travail photographique et qui m’a demandé de le mettre en valeur » reconnait Emmanuèle.

Parmi les visages, certains sont devenus connus, comme l’écrivain Alain Mabanckou, immortalisé à l’âge de neuf ans.

Ce travail photographique dépasse désormais le cadre familial : il s’inscrit comme un patrimoine visuel partagé, témoin d’une époque et d’une société.

Un maître portraitiste tire sa révérence

Maurice Pellosh est décédé en 2023, avant la sortie du film.
Devenu photographe portraitiste à seulement 20 ans, il restera l’un des plus jeunes de sa génération… et l’un des derniers à avoir conservé, presque intacte, la mémoire argentique d’un temps révolu.

 

 

À travers son objectif, il n’a pas seulement photographié des visages.
Il a fixé une époque.
Et offert, un demi-siècle plus tard, la possibilité de se retrouver.

Ame cesar SEHOSSOLO